Des chiens… et donc des chats et des loups !

28 juillet 2011 at 5:38 (Uncategorized)

Je préviens, cet article est totalement subjectif et basé sur mes lectures. Donc, totalement partiel et partial. Je remercie d’avance ceux qui me permettront d’être moins péremptoire et inculte.

Manifestation canine !

Manifestations de chiens devant l'ONU pour ne plus servir de cobayes spatiaux (photographie du Paris Match 449 du 16 novembre 57).

Souvent, en discutant ou en lisant les textes d’autres auteurs de SFFF, je me suis rendu compte que la majorité des auteurs de SFFF adorent les chats et les loups… Les chiens, c’est plus rare.

Déjà, il y a cette histoire de l’auteur qui vit avec son chat (et boit du thé !). Le chat est souvent le compagnon mystérieux de l’auteur, une sorte de catalyseur de l’inspiration ou un effet somatique permettant d’atteindre l’état de concentration idéal pour exprimer pleinement sa créativité. Un grand nombre d’auteurs adhère à ce concept (avec le thé, ne pas oublier le thé).

J’ai un problème… je n’apprécie pas trop les chats (et je n’aime pas le thé). Je m’en méfie même beaucoup, je ne leur fais pas confiance (et évidemment devinez qui vient dormir sur moi quand je vais chez un ami qui a un chat ?). Je préfère les chiens (et le chocolat chaud !).

Pour moi, rien de mieux que d’avoir un chien endormi à côté de moi, cette présence bienveillante et confiante proche de moi, pour me sentir bien et me concentrer. Et quand je bloque, sentir la truffe dudit chien venir contre moi pour réclamer une caresse comme s’il avait senti que je bloquais me réconforte et me donne une impulsion créatrice. Le tout avec une tasse de chocolat chaud fumant à côté. Le chien est un ami fidèle dont il faut s’occuper. C’est comme écrire. C’est une activité qui ne fonctionne que si vous vous en occupez. Enfin bref !

Et comme j’aime les chiens, je me rends compte qu’on leur vole la vedette en SFFF au profit de ces chats mystérieux (et perfides ! Pourquoi veulent-ils toujours se mettre sur mes genoux quand je vais chez les gens qui en ont ?) et des loups carnivores ! Et les chiens sont souvent moins bien considérés à mes yeux.

Voyons les choses en suivant les chats, puis les loups et enfin nos amis les chiens en SFFF.

DES CHATS EN SFFF

C’est sans doute en fantasy et en fantastique que les chats sont les mieux représentés. En effet, en SF, ils souffrent de l’exemple quantique du chat de Shrödinger. On les voit donc rarement et je n’ai pas d’exemple spécifique.

En fantastique et en fantasy, le chat a une place privilégiée. Il est un être duel, entre le monde visible et invisible, un être source de magie, un peu psychopompe. Chez Lovercraft, dans les Terres du Rêve (A la recherche de Kadath l’inconnue), les chats parlent et peuvent sauter sur la lune. Dans la trilogie de l’Abhorsën de Garth Nix, le chat Moggët est un être de très grande magie qui joue un rôle primordial et qui incarne parfaitement cette notion de bête de magie et de psychopompe. Les chats sont aussi souvent les familiers parfaits des sorcières et des magiciens. Ils sont des compagnons de magie.

Et comme beaucoup d’écrivains aiment les chats, ils sont très souvent mis en avant par rapport aux chiens.

Tenez, dans les dessins animés et la bédé, le chat est souvent mis en avant (bon ok, le canard et la souris leur ont volé la vedette) : les Cosmocats, Garfield, Le chat du Rabbin, Félix le chat… A côté, les chiens célèbres se nomment Plutot, Dingo, le commissaire Finot, Pif… Pas très glamour, non ? Bon ok, Dingo est sublime (et non, nous ne parlerons pas de Pif le chien).

DES LOUPS EN SFFF

Alors, le loup… comment dire ? J’en ai bêta-lu des textes mettant en avant cette bestiole. Et j’en ai lu des livres le mettant en avant. Il incarne le sauvage et actuellement, il est vu comme l’incarnation de la force de la nature, le représentant de Gaïa (vive le jeu de rôle Werewolf de White Wolf ^^). On trouve de nombreux romans prenant les loups comme héros (comme la série des Chroniques des Temps obscurs) ou devenir le compagnon du héros (comme dans l’Apprenti-Assassin de Robin Hobb ou dans la Roue du Temps avec Perrin). Le loup est donc l’incarnation de la nature sauvage opposée à la civilisation.

Ajoutez à cela la vague bit-lit et mettez le mot loup-garou… et vous avez le fantasme du beau mâle viril et (j’ai failli mettre MAIS, cependant, dans ce cas là, il est de mauvais aloi) loup-garou. Oubliez le concept du changeur de peau et passer au concept de race, de malédiction ou de pacte avec la nature. Bye bye les maîtres des loups un peu sorciers qui s’habillaient d’une peau de loup pour devenir des loups et vive le concept du loup-garou qui se transforme et se retrouve nu quand il reprend forme humaine (effet garanti au cinéma car évidemment le loup-garou sous forme humaine est un éphèbe made in salle de musculation).

Je les plains, au final, les loups… Finir pour devenir ça :( Brrrrrrrrrrr !!!

DES CHIENS EN SFFF

Les chiens en SFFF sont présents. Rien que le chef-d’œuvre de Clifford D. Simak, Demain, les Chiens, les met à l’honneur. De même, le roman La Tempête de Barjavel (lointain souvenir de mes lectures de vacances estivales quand j’avais 12-13 ans) utilise les chiens aussi. Dans les deux cas, les chiens sont considérés comme bons et c’est l’humain qui les dénature. Dans la Tempête, Barjavel met une scène qui m’a marqué : un scientifique prend de l’essence aux Etats-Unis dans une station paumée. Il y a un chien, maigrelet, qui se fait frapper par son propriétaire de pompiste. Et pourtant, le chien revient vers le pompiste pour demander ses caresses. Là, le scientifique va imaginer un truc fou que vous lirez dans le livre. Dans Demain, les Chiens, les chiens, devenus télépathes, ont des difficultés à croire que l’humain a existé, il paraît si violent dans leurs légendes.

Tout est dit. Le chien est une bonne bête en SF. Regardez, même dans notre vrai monde, la première créature vivante à avoir été dans l’espace fut la chienne Laika en 1957… suivi de 3-4 autres chiens. Las, elle périt au cours de la mission (les Soviétiques ont ensuite pensé à l’isolation pour sauver les chiens suivants en 1958 et 1959).

Regardons en fantasy et en SF. Les chiens y sont assez rares. Bon, il y a bien le premier chien avec qui Fitz se lie dans l’Apprenti-assassin. Il y a également le chien Huan dans le Silamrillion (Tolkien semble ne pas aimer les chats non plus, et les loups pas trop aussi).

Et que rencontrons-nous dans tout cela, c’est que le chien est montré comme le compagnon fidèle, incarnation de l’amitié. Celui qui va vous aider, vous sauver. L’incarnation de l’altruisme.

Or, trop souvent actuellement, le chien est cantonné au rôle de bête un peu abrutie, le chien de chasse, le chien de garde, le chien méchant… Or, il a une fonction dans l’imaginaire qui est le protecteur fidèle. Ce n’est pas pour rien que beaucoup d’enfants réclament un chien quand ils ont 7-8 ans. Certains auteurs, surtout en SF, ont imaginé des liens technologiques ou télépathiques entre des hommes et des chiens, comme chez Scalzi (Le Vieil Homme et la Guerre) ou Heinlein (Starship Troopers, le roman einh !), mais ils ne font que les évoquer. Chez ces deux auteurs de SF, les chiens sont mis en binôme avec un humain et forment des régiments d’éclaireurs où, chez Scalzi, si le chien meurt, son maître qui lui est connecté par une biotechnologie a dû mal à s’en remettre.

Là, encore, le compagnonnage fidèle et altruiste est présent.

C’est ce que j’aime chez les chiens et j’aimerais lire plus d’histoires en SFFF qui les mettent en valeur. Huan en est l’exemple, ainsi. Il sait qu’il va mourir mais il y va tout de même pour sauver son ami, Beren. Et ça, c’est beau car je reconnais ce courage dans tous les chiens qui ont partagé ma vie et qui partagent la vie de tous les gens qui en possèdent et qui les respectent.

Bon, j’avoue. J’aime les chiens… et les chats aussi. Je les caresse quand ils viennent perfidement se mettre sur moi les félins ! Et ma femme aime les chats… donc, si un jour j’ai le droit d’avoir un chien, j’aurais aussi un chat. En attendant, j’ai des rôles pour les chiens dans mes écrits, pour essayer de contrebalancer l’invasion de chats et de loups. J’espère que cela leur rendra justice.

8 Commentaires

  1. Topaze a dit,

    Argh. L’article polémique ! Je suppose que chacun aborde le problème avec sa propre sensibilité… et ses propres affinités avec les deux camps. Personnellement, je ne supporte pas les chiens. Je les trouve niais, trop gentils, trop inconditionnellement gentils. Et j’aime mon salopard de chat. Haineux, désagréable, solitaire, indépendant. Tout en nuance, à l’opposé des chiens, que je vois comme des entités monobloc. Le chat, lui, pose ses petites pattes sur le sol avec respect, avec style, comme s’il voulait caresser le monde. On le sent plus fin, moins brusque.
    J’ose le dire : j’aime les chats, et surtout, j’aime MON chat.
    Quant à leur position dans la littérature de l’imaginaire… Elle me laisse indifférent. Les auteurs sont plus ou moins profonds. Analyser la position de l’animal dans des oeuvres différentes revient à faire une analyse sociologique sur la “masse écrivaine”. Et de brandir les clichés de neuneus qui ont la vie dure dans l’imaginaire collectif.
    Tu as cité ce bon Fitz. Honnêtement, j’ai été à peine surpris en découvrant que Robin Hobb était une femme. Je veux dire, étant petit, dans les salles de classe, les seules personnes qui avaient des photos de loups, ou de chevaux sur leurs chemises cartonnées, c’étaient essentiellement des greluches un peu niaises. Si Christophe Maé avait été un animal, il ferait déjà parti de la littérature SFFF. (Ma misogynie est souvent mal goûtée, donc je me permets de préciser qu’elle est feinte.)
    Enfin voilà, tout ça pour dire que même parmi les écrivains, la profondeur de la réflexion, du rapport au monde, varie. Donc je ne préjuge pas des utilisations de nos amis les bêtes en littérature, même si je les approche avec circonspection. Tantôt elles seront justifiées, réfléchies. Les autres fois, elles se résumeront à un simple ajout au décor, à un raccourci rapide issu d’un imaginaire mal maîtrisé.
    D’ailleurs, c’est amusant, mais lorsque je me retourne, et que j’observe les livres que j’ai haï, je me rends compte qu’il s’agissait essentiellement de production issu de l’imaginaire d’auteurs-victimes. Ces auteurs qui subissent l’imaginaire collectif, pétris, intoxiqués par lui.

    Je précise que je n’ai jamais acheté de livre avec un loup dessus. Et que c’est une femme qui m’a offert l’Assassin Royal. Hasard ? Je ne pense pas.

    • daerel a dit,

      Je suis un bêta à chien comme on dit dans ma région. J’adore les chiens.
      Cependant, en littérature, ces trois animaux ont des rôles quasi-archétypaux à mon sens :
      - le chat qui est un guide entre notre monde et l’autre monde.
      - le loup qui est l’incarnation du sauvage.
      - le chien, compagnon fidèle et altruiste.

      Dans tous les romans de SFFF que j’ai lu, ces rôles sont bien respectés. Après, pour les loups, j’ai autant du des hommes que des femmes écrire sur eux.
      Pour les chats, ils ont parfois des rôles extrêmement réussis. Le chat Moggët dans la trilogie de l’Abhorsën de Garth Nix (un auteur australien) est réellement réussi et on prend une claque dans le troisième tome… et c’est tellement logique.
      De même, pour les chiens, lis vraiment Demain, les Chiens. Ce roman est extraordinaire (bon ok, il est aussi écrit par Clifford D. Simak, un de mes héros).

      Le but de ce billet est de donner ma réflexion basée sur mes lectures et mes sentiments, rien de plus. Cela sert à en discuter et ça me permet de poser certaines idées dans ma tête (je ne te cache pas que la relation homme-chien est un thème que j’aime beaucoup). Et j’ai beaucoup aimé l’Apprenti-Assassin !

      Mille bisous,
      Daerel.

  2. Topaze a dit,

    Ah ! Le fameux Simak dont tu m’avais déjà parlé ! Groumpf. Je devrais peut-être songer à lire. Un jour. J’ai l’impression qu’il y a encore quelques perles à côté desquelles je suis passé. (J’ai envie de lire une histoire avec un chat cool, du coup. Je vais peut-être pondre une nouvelle, tiens !)

  3. Sylmar a dit,

    Avant de faire une lecture très sérieuse de ton commentaire (parce que là je vais me coucher), je peux déjà dire une chose : je feuilletais un bouquin l’autre jour, sur les chats. Il y avait une partie nommée “pourquoi les chats s’assoient-ils toujours sur les gens qui ne les aiment pas ?”

    C’est de notoriété publique, apparemment ! Je me souviens, ça m’arrivait à l’époque où je ne les aimais pas non plus.

    • daerel a dit,

      C’est ce que me disent tous les propriétaires de chats : “Ah, tu te méfies des chats… pas de bol, il va venir sur toi !”

      Pfffffffffffffffff…

  4. Bélier a dit,

    Ah, l’instinct de contrariété des chats.

    Je vais citer des chiens un peu différents. Croc-Blanc et L’appel de la forêt montraient des chiens-loups, à mi-chemin entre la domestication et l’instinct sauvage (enfin surtout le second).

    Mais il y a une chose que personne, dans mes souvenirs, ne met jamais en scène : ce sont les petits chiens. Les golden retriever (Lassie), les huskys (mais eux, ils ont un charisme terrible à la base, et les yeux de Steve McQueen), les bulldogs, les dobermanns, les labradors, les saint-bernards peuvent jouer un rôle. Un cocker, à la rigueur (Bill).

    Mais un petit chien, ce sera forcément un bichon, plus proche de l’accessoire ou de l’ornement que du compagnon.

    • daerel a dit,

      Exact pour Croc-Blanc et l’Appel de la Forêt.
      Pour les petits chiens, tu as tout à fait raison. Ce qui est amusant, c’est que les gens oublient, par exemple, que les caniches sont des chiens de chasse en milieu aquatique (rivière, marais, lac, étang), le Yorkshire était un ratier pour les mines, quant au cocker, c’est le chien de chasse parfait cité par Gaston Phébus au XIVe siècle.
      Comme quoi, les petits chiens sont dangereux plus qu’il n’y paraît.

  5. Sylmar a dit,

    Hello,

    Chez Lovecraft, il y a aussi les chiens de Tindalos, qui viennent d’un grain de poussière que l’on fixe du regard, et qui jaillissent d’un autre plan de réalité par les angles hauts d’une pièce. Bon, ils finissent par bouffer les cervelles des humains, la relation qu’on peut avoir avec eux se limite à ça. Je crois que le seul animal uniformément bon chez Lovecraft, ce sont les dauphins, qui luttent contre l’autre tout flasque, là, dans sa cité sous-marine.

    Dans l’ombre du bourreau de Gene Wolfe, il y a aussi Triskèle, un chien à moitié mort, une patte en moins, recueilli par le héros encore enfant. Ca l’éveille à la fois à une forme de pitié, lui qui est élevé dans l’ambiance festive d’une guilde de tortionnaires, et lui révèle plein de choses sur lui même. De très beaux passages d’ailleurs…

    Tiens, si tu passes un jour devant ce bouquin, il y a une nouvelle de Thomas Mann qui se prénomme Maître et Chien, qui court sur une centaine de pages, et qui évoque les relations tissées entre l’homme (l’auteur) et l’animal. Pas le genre de choses qu’on attend de T. Mann, mais très juste et “profond”. Ouais, j’ai le cran de dire que T. Mann est “profond” (et génial aussi, en passant par là!).

    à bientôt les loulous ! (oui, ce sont aussi des chiens.)

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