Des Elfes !

18 juillet 2011 at 11:10 (Uncategorized)

Bien le bonjour à tous !

On va parler aujourd’hui d’un thème sérieux : les elfes. J’adore les elfes et je hais les elfes. Comment ces deux assertions sont-elles possibles ? Je vais tenter d’y répondre.

I- JE HAIS LES ELFES !

Commençons par mon “Je hais les elfes”. Je hais ces grands bonhommes minces, aux oreilles pointues, sublimement beau, immortels (enfin pas toujours), sages… Ils sont nommés Elfes, Sidhe, Sidi, Alfars… Les auteurs de fantasy en raffolent. Et ils sont de bons archers, parlent aux animaux… en bref, une humanité parfaite. Insupportable donc ! Et ils ne souffrent jamais d’Alzheimer ! Non, ils ont un mental incroyable ! Ils peuvent vivre 20 000 ans et ils ont une mémoire incroyable ! Les screugneugneux !

PROBLEME NUMERO UN : UNE HUMANITE PARFAITE, IDEALISEE !

On va parler des elfes “tolkienisés”. La grande majorité des auteurs vont décrire des elfes (ou le nom qu’ils auront donné aux mêmes créatures) qui incarnent une humanité parfaite. D’où vient cette notion : de Tolkien en partie qui lui même a repris, à mon sens, les habitants de Féerie qu’on peut trouver dans les chants britanniques et irlandais médiévaux ET modernes (quand je dis moderne, je l’entends au sens de l’époque historique). Or, Tolkien a enlevé le côté licencieux de ces Fays pour les christianiser, les Elfes incarnent une humanité non touchée par le péché originel, une sorte d’humanité plus proche de dieu (Eru et les Valars). Dans son oeuvre, cela a un sens. Or, beaucoup d’auteurs ont repris le concept en conservant sans le savoir ce côté humanité édenique (au sens du jardin d’Eden)… et c’est insupportable. Que ce soit la fantasy américaine (Raymond E. Feist ou Paolini) ou la fantasy japonaire (les Chroniques de Lodoss) . Mince, décrire des êtres pareils, c’est nous rappeler à quel point on est des merdeux, nous, pauvres humains. On crée un miroir idéalisé, idéaliste et insupportable. Combien d’entre vous détestent les top modèles homme ou femme des magazines ? Allez, soyez honnêtes, tous ! Eh ben, ces elfes, c’est pareil ! Même la fantasy française s’y prête. Les elfes de Jaworski sont de merveilleux êtres. Bon, ok, ils sont déchristianisés mais ils ont toujours cette perfection détestable ! Je ne supporte plus ces bellâtres !

PROBLEME NUMERO DEUX : LA MEMOIRE D’ÊTRES IMMORTELS !

Bien la majorité des Elfes sont immortels… Que ce soit chez Tolkien, Paolini, Tad Williams, Jaworski (je l’aime beaucoup Jaworski mais ses elfes m’énervent :D ). Bon, ok, ils ne sont pas toujours immortels mais ils ont une looooonnnnngue vie (comme dans les romans Dragonlance). Oublions un instant ces derniers, ils sont des humains dont on ne dit pas le nom, mais en plus beau (mais pas en plus sage). Donc, nos immortels, ils ont un mental incroyable ! Qui peut croire qu’un gars se souvienne de tous ses amis alors qu’il vit depuis 20 000 ans. Vous me direz qu’ils ont une morphologie du cerveau différente… bah bien sûr ! Je vous rappelle qu’ils sont souvent interféconds avec les humains et qu’ils NOUS ressemblent, mais en mieux (voire paragraphe supra). Ces elfes que je hais, ils n’ont jamais Alzheimer er ils ont une loooonnnngue mémoire. Mon oeil tiens ! Déjà que j’ai du mal à me souvenir de gens que j’ai rencontré il y a dix ans, imaginez un Elfe immortel qui rencontre un gars qu’il n’a pas vu depuis 2000 ans… Bah, c’est simple, je vous parie qu’ils ne se reconnaissent pas. Mais les auteurs de fantasy jouent plutôt les surhumains… agaçant ! Pourquoi ? Parce que c’est une nouvelle fois un miroir de notre propre humanité, mais un miroir fatigant retouché avec un photoshop fantasy ! Evidemment, il y a des nuances, certains auteurs construisent une psyché elfique intéressante comme Jaworski (ce qui fait que son Conte de Suzelle me plaît beaucoup) mais là, ils se rapprochent des elfes des légendes irlandaises et britanniques, qui ont une notion du temps assez évaporée pourrait-on dire ! ET ça, c’est intéressant… mais ce sont toujours des super-humains !

Evidemment, cette partie de l’article est totalement subjective et avec beaucoup de mauvaise foi !

II- J’AIME LES ELFES ! LES PETITS, FACETIEUX, DINGUES, PAS TOUJOURS TRES JOLIS ET COMPLETEMENT AMORAUX !

J’aime ces elfes que Tolkien n’aime pas. Les petits, bizarres qui font des facéties et se cachent derrière les feuillages, les trous de souris ou autres. Ils peuvent être chauves, poilus, avec des oreilles pointues et n’avoir aucune conscience de ce qu’est la morale. Et ça, c’est chouette car ça les rend fascinant et dangereux . Ils sont des membres du Petit Peuple (oubliez le concept seelie/unseelie, encore un truc des îles britanniques, écossais même !) tel qu’on les voit en Allemagne et dans les pays du nord. Des petits êtres magiques et instables, qui peuvent être bienveillants ou malveillants selon votre perception humaine mais qui correspondent à une autre mentalité. Prenons un exemple : ils peuvent vous sauvez d’un monstre puis vous faire mourir sans le vouloir car ils vous auront invité à une ronde dans un cercle enchanté dont on ne sort pas.
En fait, ce que j’aime, ce sont ces créatures issus de la magie des contes narrés au coin du feu dans les demeures paysannes. Ceux qui se cachent dans des palais-collines, menés par Obéron ou Titania, ceux qui font des fêtes dans des cercles de champignons où la musique distord le temps et la volonté des humains, ceux qui peuvent participer à une Chasse sauvage ou devenir le parrain de votre fils. En bref, j’aime ces petites créatures issues de nos peurs et de nos espoirs, tellement proches et tellement lointaines de nous.

J’ai du mal à être cohérent sur le coup, navré si ça peut paraître confus !

Enfin bref, tout ça pour dire que si un jour j’écris un roman avec des elfes dedans, vous saurez quel type d’elfe ce sera !

5 Commentaires

  1. Topaze a dit,

    *Lève un bras en l’air, puis l’autre, et hurle en courant de droite et de gauche avec une mine halluciné*
    AAAAAH ! Tu as cité Paolini dans la même liste que Tolkien ! Honte sur toi qui lui prête une once de crédibilité ! AAAAAaaaaaah……
    *Disparaît en hurlant au coin du blog suivant*

    • daerel a dit,

      Ah mais c’est que Paolini l’a pillé, le Tolkien. Et ensuite, vu ses chiffres de vente malheureusement, il marque l’imaginaire de millions de personnes ! Il fallait donc le citer.

      • Topaze a dit,

        Sigh, j’en conviens, hélas ! Mais rendons lui ce qui lui revient : quand je pense aux gens qui le lisent, aux blattes qui lisent son pâté infâme, ça me donne envie de finir mon roman. Je lui en rends grâce.

        Hum, et j’ai le droit de dire “blattes”, ainsi que “pâté infâme”, car je l’ai lu. Lapidez-moi. S’il vous plaît.

  2. Bélier a dit,

    En même temps, si ce n’était pas les elfes, ce serait autre chose. Il faut des clichés d’êtres supérieurs/parfaits à tout un pan de la fantasy, et souvent il faut que le héros ait du sang de ces êtres (Eragon, si tu passes par là) ou, s’il doit vraiment être humain (pas drôle), attire au moins l’intérêt des elfes/surhommes du sexe opposé.

    Ben, faut que ça se vende.

    Et y’en a qui diront que James Bond est un Gary Stu.

    • daerel a dit,

      Ce que tu dis est vrai. Le besoin d’êtres supérieurs est vital pour les enfants et certaines étapes de la vie.

      Néanmoins, quand ton pan de la littérature dévore tout et que tes êtres supérieurs sont des coquilles vides hors de la description affirmative et que ça ne se voit pas dans les actes, on est mal ^^

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